La vie reprend son cours normal à Djibo, ville jadis abandonnée par une partie de l’administration publique et la police nationale pour raison de sécurité. En cette période de mi-septembre, la police nationale a repris service au commissariat de police de la ville après le retour progressif des autres maillons de l’administration publique et la création, par décret présidentiel en date du 8 septembre 2020, du 14e Régiment interarmes (RIA) basé à Djibo. Ce retour progressif a été l’une des promesses du président du Faso lors de la visite le 18 juin 2020, pour montrer son soutien aux Forces de défense et de sécurité et aux habitants de la ville de Djibo dans la lutte contre le terrorisme.
Au détachement militaire de Djibo, ce jeudi 18 juin 2020, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a rencontré des éléments des Forces armées nationales déterminés à défendre la patrie et prêts au sacrifice. Il a salué leur courage, leur engagement, leur esprit de discipline et de cohésion. Il a rassuré aux Hommes que leur engagement et leur combat contre l’hydre terroriste méritent l’accompagnement de tous les acteurs. Après s’être imprégné de la réalité géosécuritaire de la région et pris connaissance des conditions d’opération, le chef suprême des armées a traduit toute la solidarité de la Nation à ses fils et filles engagés sur le terrain, au risque de leur vie, pour la défense de la démocratie et de la Patrie. « Il y a nécessité que nous puissions nous réorganiser pour que les postes abandonnés soient repris », a indiqué le président du Faso aux Forces de défense et de sécurité (FDS). Roch Marc Christian Kaboré a pris l’engagement que les forces de sécurité intérieure feront leur retour à Djibo, pour assurer leur mission, avec les moyens nécessaires. Il a réitéré, face à la troupe, la nécessité de ne céder ni à la stigmatisation, ni au repli identitaire. « La victoire nous appartient et je suis convaincu que le Burkina Faso sortira grandi et renforcé de cette situation », foi du chef suprême des armées.
Saluer la résilience des populations
Après le détachement militaire, le chef de l’État a rencontré les forces vives de Djibo pour réaffirmer son attachement à la cohésion dans cette localité et l’appartenance de cette ville à la Nation burkinabè qui ne lésinera pas sur les moyens dans la défense du territoire. « Je voudrais avant tout propos, me souvenir de toutes les filles et tous les fils de Djibo et du Soum de façon générale, qui ont perdu la vie, depuis que nous avons engagé cette lutte contre le terrorisme au Burkina Faso. Je voudrais en particulier me souvenir, parce que nous sommes à la mairie de Djibo, du maire de Djibo, qui a été lâchement attaqué et assassiné », a indiqué le président du Faso à l’entame des échanges.
Roch Marc Christian Kaboré, s’est dit conscient de la situation sécuritaire de la ville et du Sahel, en général qui handicape les activités des populations et le développement de la zone. Il a appelé à la mobilisation générale pour soutenir les FDS dans cette bataille contre les forces du mal. « C’est pourquoi je voudrais, tout d’abord, saluer la résilience des populations, des hommes et des femmes de Djibo et du Soum, de façon générale. Parce qu’ils ont payé le prix le plus cher de cette bataille que nous menons depuis. Malgré tout, ils sont restés debout. Ils sont restés à continuer de faire ce qu’ils doivent faire, à continuer de vivre, de développer leur région, malgré les difficultés, de faire avancer le développement du Burkina Faso », a affirmé le président Kaboré.
Éviter la stigmatisation et le repli identitaire
Face aux forces vives de Djibo, le chef de l’État a invité les populations à différencier le bon grain de l’ivraie dans le combat contre le terrorisme. Pour lui, ce combat n’est pas un combat contre une communauté, mais une guerre contre des individus mal intentionnés. « Autant nous ne pouvons pas dire que telle communauté est globalement mauvaise et faire de la stigmatisation, autant nous ne pouvons pas non plus faire le repli sur soi pour justifier les actes des mauvaises personnes qui sont en notre sein », a indiqué le chef de l’État aux forces vives.
Roch Marc Christian Kaboré a appelé l’ensemble des fils et filles, qu’ils soient du Soum ou d’ailleurs qui, par égarement, se sont retrouvés dans ces mouvements terroristes, et qui de bonne foi veulent retourner chez eux, à le faire en vue de participer à l’œuvre d’édification de la Nation.
Le chef de l’État a rappelé les efforts du gouvernement à travers le Programme d’Urgence pour le Sahel (PUS) et le Programme d’Appui au Développement des Économies locales (PADEL) en vue de booster le développement de la région. L’impact de tous ces programmes sur les populations de la zone nécessite la paix et l’unité des fils et filles de la région du Sahel.