Dans ce cadre, le HCRUN a examiné plus de 5000 dossiers, parmi lesquels le déguerpissement des femmes de Léguémalôgô, les militaires radiés à la suite des mutineries de 2011, les fonctionnaires de police révoqués, les blessés des événements des 30 et 31 octobre 2014, et du 16 septembre 2015. Cette démarche du HCRUN a ramené le sourire sur le visage des 156 vendeuses de légumes, déguerpies manu militari en 2012 par la mairie de Bobo-Dioulasso, pour les besoins de la construction de la route nationale n° 14 Bobo-Dédougou. « A un moment donné, la commune a été obligée de les déplacer mais malheureusement ça été fait de façon un peu brutale. Ce qui a causé des dommages à ces braves dames qui évoluaient sur le marché », se souvient le maire de la commune de Bobo-Dioulasso, Bourahima Sanou. Et à la suite de cette action de la commune,
« nous nous sommes retrouvées endettées car on devait de l’argent aux maraîchers et notre matériel avait été enlevé et stocké à la maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso. Nous nous sommes retrouvées sans argent, sans matériel pour mener notre activité », se remémore Djénéba Sanou entourée de ses camarades vendeuses de légumes, sur le nouveau site de Léguémalôgô. Après examen du dossier, le HCRUN a proposé trois grands volets que sont l’indemnisation, l’aménagement d’un nouveau site et l’amélioration du dialogue social.
Joie et reconnaissance des femmes de Léguémalôgô
« A la suite à nos multiples plaintes, l’État, à travers le HCRUN, est venu nous écouter et essayer une solution à notre situation. Des hangars ont été construits sur le nouveau site qui a été proposé et nous avons reçu chacune, une indemnisation qui varie de 100 000 à 300 000 FCFA. Cette compensation financière nous a permis de rembourser les maraîchers et de reprendre nos activités », soutient Djénéba Sanou, au milieu des concombres, courgettes, tomates et autres légumes sous son hangar.
A l’heure de pointe, aux environs de 16 heures, dans ce nouveau marché qui grouille de monde, ce sont des vendeuses pour la plupart des responsables de famille, des veuves, des femmes au foyer « enthousiastes et reconnaissantes » qui s’affairent à charger ou à décharger leurs marchandises. « Au nom de toutes les femmes, je remercie le président du Faso pour la parole tenue, pour le soutien, pour l’aide, l’écoute et l’honneur », clame Fatimata Sanou.
« Nous encourageons le chef de l’État à continuer dans ce sens, à inscrire son action dans la réconciliation et la réparation des torts causés », poursuit Sita Sanou qui ne croyait pas retrouver ses activités. « Nous bénissons Roch Marc Christian Kaboré pour l’écoute et la considération. Nous avons retrouvé le sourire », indique-t-elle.
Pour le HCRUN, l’indemnisation des femmes de Léguémalôgô est un succès au double plan psychologique et social : individuellement, les femmes sont apaisées et sont, chacune, remise de leur traumatisme initial. Sur le plan social, ce résultat constitue pour la Mairie et la ville de Bobo-Dioulasso une bouffée d’oxygène. « De façon indirecte, cette action de l’État nous a beaucoup servi au niveau de la commune car, grâce à cette action, la mairie et les femmes travaillent maintenant en parfaite entente », poursuit le maire Bourahima Sanou.
Du reste, les femmes ainsi « satisfaites » sont devenues des ambassadrices convaincues de la réconciliation. Trente-trois millions soixante-quinze mille (33 075 000) FCFA ont été nécessaires à cette réparation.
Plus de 2 milliards FCFA d’aide à la réinsertion sociale
Au sujet des militaires radiés et des fonctionnaires de police révoqués, selon le HCRUN, l’opération de paiement de l’aide à la réinsertion sociale des intéressés, fait ressortir que du 1er au 23 octobre 2019, 529 militaires radiés sur les 600 et 112 fonctionnaires de police révoqués sur 136, sont entrés en possession de l’aide.
Georges Belem, militaire dont le contrat a été résilié, a « accueilli favorablement cette aide à la réinsertion ». Il est à la recherche de conseils avisés pour mieux investir les 3,5 millions de FCFA qu’il a reçus du HCRUN. M. Belem, qui se prépare à faire des activités d’élevage, espère que la formation qu’il recevra lui permettra de s’en sortir dans la vie.
Selon le HCRUN, 2 054 500 000 FCFA ont été décaissés pour la réalisation de 86,95 % de taux d’exécution de cette opération d’octroi d’aide à la réinsertion. Pour le HCRUN, ce taux d’exécution indique qu’une grande partie des bénéficiaires adhère à ce mécanisme. Quant aux blessés des évènements des 30 et 31 octobre 2014 et du 16 septembre 2015, le HCRUN, après consultations des différents acteurs, a arrêté une liste de 24 blessés à prendre en charge. Au total 15 blessés sur les 24 ont bénéficié de soins appropriés.
L’enthousiasme et le sourire retrouvés des vendeuses de Léguémalôgô et l’espoir en l’avenir de l’ancien militaire, Georges Belem sont autant de signes qui réconfortent le président du Faso dans son engagement de voir tous les burkinabè réconciliés avec eux-mêmes, et résolument tournés vers l’avenir pour bâtir un Burkina Faso de paix, gage de tout développement.