Initié par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, ce cadre d’échanges a regroupé, d’un côté, 20 représentants de l’Alliance des partis et formations politiques de la Majorité présidentielle (APMP) et de l’autre, 20 représentants des partis politiques affiliés au Chef de File de l’Opposition politique (CFOP).Ce dialogue politique, dont l’objectif était d’amorcer un véritable processus de réconciliation nationale, a permis aux acteurs politiques d’échanger et de trouver un consensus sur deux grands thèmes. Le premier grand volet a concerné le code électoral, le référendum constitutionnel et les élections de 2020 et le second volet porte sur la situation nationale.

Il s’est agi, à travers cette rencontre entre acteurs de la scène politique, de travailler au renforcement de la paix, de la sécurité, de l’unité nationale, de la cohésion sociale et de favoriser la réconciliation nationale ainsi que la tenue d’élections démocratiques et apaisées. Pour la majorité présidentielle, cette rencontre était une nécessité en vue de permettre aux fils et filles d’une même nation d’échanger sur les sujets touchant la vie de la communauté. « Pendant ce dialogue, nous avons fait bouger les lignes. Les points qui paraissaient insurmontables tant au niveau du code électoral que de la préparation des élections de 2020, subitement les murs de méfiance se sont écroulés », a affirmé le président de l’Alliance des Partis de la Majorité présidentielle (APMP), Simon Compaoré, coprésident du dialogue politique. Pour lui, ce dialogue politique a permis aux acteurs de parler le même langage sur un certain nombre de sujets. « Ce dialogue nous a permis d’avoir des échanges riches et fructueux sans aucune passion ni animosité et a surtout permis d’aboutir à des conclusions qui, pour l’essentiel, font état d’un large consensus autour des questions qui nous ont réunis », a indiqué le Chef de file de l’opposition politique, Zéphirin Diabré, au cours du point de presse animé après la cérémonie de clôture. « Sur les questions portant sur l’organisation des élections de 2020, nous avons fait l’effort important d’aboutir à un consensus total et débroussailler des questions qui paraissaient contentieuses », a ajouté Zéphirin Diabré.

Convergence de vues sur les questions électorales

Au cours de ce dialogue politique, les acteurs politiques de la majorité et de l’opposition politique se sont accordés sur une révision à minima du code électoral avant les élections de 2020, et une relecture intégrale du code électoral après l’adoption de la nouvelle Constitution. Ce consensus a permis au gouvernement d’adopter en conseil des ministres, le 11 octobre 2019, le projet de loi portant modification du Code électoral. Ce projet de loi transmis à l’Assemblée nationale pour examen et adoption, vise une relecture du Code électoral avant la tenue des élections de 2020 à l’effet de prendre en compte les positions consensuelles de la classe politique lors de la tenue de ce dialogue politique.

Le maintien du calendrier électoral conformément aux dispositions constitutionnelles, avec la tenue des élections couplées présidentielle et législatives en 2020 et des élections municipales en 2021, a été convenu par les acteurs.

Sur les questions d’intérêt national qui portent sur la sécurité, la réconciliation nationale, l’autorité de l’État, la cohésion sociale, l’incivisme, les acteurs ont eu des échanges très francs, ouverts et constructifs qui ont permis d’aboutir à des recommandations consensuelles. Il s’agit, entre autres, de renforcer les capacités matérielles, financières et humaines des Forces de défense et de sécurité (FDS), d’instaurer une contribution financière patriotique de toutes les composantes de la Nation, d’élaborer et faire adopter un pacte patriotique national, d’assurer un traitement diligent des dossiers judiciaires des détenus pour faits de terrorisme.

Travailler à une véritable réconciliation nationale

Au sujet de la réconciliation nationale, la majorité et l’opposition politique recommandent la poursuite de la démarche basée sur le triptyque véritéjustice-réconciliation, et l’élargissement des concertations sur la réconciliation aux couches sociales du pays. Dans cette optique, la classe politique, sans exception, est appelée à accompagner le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité nationale (HCRUN) pour l’atteinte de ses objectifs. L’identification des difficultés qui entravent l’unité nationale, la cohésion sociale et le civisme, l’analyse des causes de l’incivisme en vue d’aboutir à des recommandations pertinentes à l’endroit des autres composantes de la société, l’indemnisation des victimes de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, du coup d’État manqué de septembre 2015 et des victimes nonindemnisées des crimes politiques et économiques depuis les indépendances, sont autant de propositions en vue d’accompagner le processus de réconciliation nationale.

Le comité de suivi des recommandations, composé de 15 membres issus des deux composantes, permet aujourd’hui de suivre la mise en œuvre des conclusions du dialogue politique et de mieux rapprocher les positions de la majorité et de l’opposition politique sur les différents sujets. Pour les deux composantes conviées au dialogue, politiquement, il était extrêmement important que les acteurs se parlent, car l’absence de dialogue et les malentendus font le lit des crises.