La route nationale n° 10, Dédougou-Tougan a été inaugurée le 26 juin 2019, par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Le bitumage de cette route, longue de 91 km, a coûté plus de 29 milliards FCFA, financé par la Banque islamique du Développement (BID) et le budget de l’État. Le maire de la commune de Dédougou, Karim Lomboza Kondé s’en réjouit, car « la route a fluidifié le trafic dans notre commune. Avant pour aller à Douroula, situé à 25 km de Dédougou, il faut au moins une heure de temps ». Pour le maire de la commune de Tougan, Edouard Zerbo, cette route était très attendue par les populations : « Nous remercions le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, qui a transformé le rêve des populations en réalité ». Il soutient que Tougan n’est plus isolée, mieux, la ville est accessible, grâce à la route. « Il y a deux ou trois ans de cela, nous faisions Tougan-Dédougou en 4 ou 5 heures de temps. Aujourd’hui nous avons 45 minutes pour aller à Dédougou ».
Selon Mme Aminata Guira, agent domanial, habitante de la commune de Di, les usagers de la route gagnent actuellement en temps et en économie. « Il y a de plus en plus de sociétés de transport qui prennent la route. Nous pouvons effectuer un voyage à tout moment. Avant, c’est tout un problème. Vous ratez le bus de 7h vous n’avez plus d’autres occasions », indique-t-elle.
La route du développement
La réduction du temps de trajet a augmenté, de facto, le trafic entre Tougan-Dédougou-Bobo-Dioulasso. En effet, le nombre de sociétés de transport en commun a aussi augmenté. Ce sont maintenant une dizaine de compagnies de transports qui desservent la ville, avec plusieurs départs chaque jour. « C’est grâce à cette route que nous venons maintenant à Tougan. Les gens nous réclamaient mais vu l’état de la route, nous ne pouvions pas venir », explique le chef de gare d’une compagnie à Tougan, Mamadou Sanon.
Le convoyeur d’une autre compagnie, Sinali Kéïta, lui, soutient qu’avant, il fallait toute une journée pour faire Bobo-Dioulasso-Tougan. Avec la route maintenant bitumée, en 4 heures, le voyage se fait aisément. Il ajoute que la route est facteur de développement, expliquant que l’activité commerciale a eu un regain à Tougan. Ce constat est soutenu par les habitants de la ville de Tougan. « Nous sommes vraiment content du bitumage de cette route. Tougan va se développer. Nous avons maintenant des sociétés de transport en commun, ce qui n’était pas le cas. Il peut y avoir dix départs pour Bobo-Dioulasso par jour », s’exprime à cœur joie, Seydou Traoré, agriculteur au secteur n° 2 de Tougan. Selon lui, la route va permettre d’écouler les productions et éviter leur bradage. Et Boukaré Paré, menuisier au secteur n° 1 de Tougan de témoigner : « Cette voie nous soulage beaucoup. Nous arrivons facilement à satisfaire la demande de nos clients. Avant, nous pouvions faire une semaine à Bobo pour livrer nos marchandises ». Il ajoute que le transporteur attend d’avoir beaucoup de marchandises et de passagers avant de quitter Bobo-Dioulasso. « Et après vous pouvez passer deux jours sur la route, parce que la voiture tombait en panne. Si ce n’est pas une crevaison, ce sont les lames qui sont cassées », précise, le menuisier.
Dans les villages et les communes traversés, les populations et surtout, les propriétaires de commerce sentent leurs activités prendre de l’essor. Boureima Belem, vendeur de pièces de rechange de motocyclette à Gassan, une commune rurale dans la province du Nayala, espère engranger beaucoup plus de bénéfices dans son activité. Adama Dianda, commerçant de marchandises diverses renchérit : « Grâce à cette route nous recevons des voyageurs. Ils viennent acheter nos produits et nous arrivons également à nous approvisionner facilement en produits divers ».
Pour s’approvisionner en marchandises, il fallait passer par Yako pour venir à Gassan, à partir de Ouagadougou. « Nos marchandises pouvaient faire plus de trois jours sur la route. Certains produits se gâtaient, ce qui était un grand dommage pour nous. Maintenant nous passons par Dédougou. Nos produits arrivent à temps, ce qui nous aide beaucoup dans notre activité », se réjouit-il.
Le désenclavement de la région de la Boucle du Mouhoun se poursuivra avec l’achèvement du bitumage de la route Didyr-Toma-Tougan en cours, et les projets de bitumage des routes Tougan-Lanfièra-Di et Tougan-Ouahigouya.
Plus de 1 512 km de route sont en travaux de bitumage, de renforcement ou d’entretien périodique sous le magistère du président Roch Marc Christian Kaboré. Plus de 800 km sont achevés et plus de 712,52 km, en cours d’exécution. Des voies urbaines ont été bitumées ou réhabilitées dans les villes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Ouahigouya. En outre, les villes ayant abrité les festivités du 11-Décembre ont bénéficié de bitumage de route allant de 30 à 50 Km : Kaya, Gaoua, Manga et Tenkodogo. Des études de travaux de bitumage dont 2 portant sur un linéaire de 421,04 km ont été achevées et 5 autres, d’un linéaire de 539 km, sont en cours de réalisation. De 2016 à fin 2019 ce sont 2 033 kilomètres de pistes rurales qui ont été aménagées.