A Loumbila, dans la province de l’Oubritenga, région du Plateau central, Francis Zoungrana exploite un domaine familial de 4 hectares sur lequel il cultive de la tomate, du poivron, de l’oignon et de la pastèque. A 30 ans, il a bénéficié de l’accompagnement du Programme d’autonomisation économique des jeunes et des femmes pour la réalisation de son micro-projet. M. Zoungrana a reçu, en 2018, la somme de 250 000 FCA. Avec cet appui, il a pu se procurer la fumure organique et un bœuf de trait. « Je suis vraiment très heureux de l’accompagnement du gouvernement à travers ce programme. Cela m’a permis d’améliorer mes rendements et même de pouvoir embaucher quelqu’un qui m’aide beaucoup dans le champ », exulte Francis Zoungrana. Même s’il aurait souhaité un montant plus élevé au regard de la taille de son champ, il reste reconnaissant au président du Faso. « Je remercie sincèrement le président du Faso et tout son gouvernement pour avoir songé à aider les jeunes et les femmes, à travers le PAE/JF. Ce serait vraiment extraordinaire de pérenniser cette initiative, qui pourra contribuer à réduire le chômage des jeunes et des femmes au Burkina », soutient-il.
Une initiative salutaire
Dans la région du Centre, à Ouagadougou, Aminata Kiendré/Ouédraogo, 37 ans, évolue dans la restauration. Elle a commencé en 2005 avec la vente de bouillie qui, selon elle, « marchait bien jusqu’en 2017, où le marché commence à chuter ». Alors, elle décide de se lancer dans le commerce de mets locaux comme le haricot, le riz, le babenda, et l’attiéké. Madame Kiendré va alors se tourner vers le PAE/JF. « Dès que j’ai appris que le président du Faso veut accompagner les femmes et les jeunes, j’ai constitué mon dossier où je négociais la somme de 200 000 FCFA pour améliorer mon restaurant. J’ai pu, avec cette somme, acheter un foyer, des assiettes, des cuillères, un sac de riz, et du haricot », poursuit madame Kiendré. Pour cette restauratrice, le programme lui a été d’une grande aide car elle a pu, avec ce soutien, se trouver un local pour son activité et embaucher une dame qui l’appuie dans son restaurant. « Cette initiative du président du Faso est vraiment à louer car elle permet à toute personne honnête et désirant réussir dans sa vie d’avoir de quoi démarrer son activité. Je le remercie donc de tout cœur et espère que le programme pourra se poursuivre pour le grand bonheur des femmes et des jeunes », ajoute Aminata Kiendré.
Quatre fonds soutiennent le programme
A l’instar du jeune Francis Zoungrana et de madame Aminata Kiendré, ils sont près de 20 000 jeunes et femmes Burkinabè à bénéficier du financement PAE/JF, après seulement deux années de mise en œuvre. Avec l’objectif de lutter contre le chômage et le sous-emploi des jeunes et des femmes, le programme s’est doté d’un budget de 16 milliards et demi FCFA, pour une phase de trois ans. A terme, 30 000 micro-projets seront financés et des porteurs formés à l’éducation financière, à la gestion, à la comptabilité, et à la vie coopérative et associative pour les groupements et associations. Les financements du programme se font sous deux modèles, le financement direct et le financement indirect. Pour le financement direct, le programme se réfère à quatre fonds nationaux déjà existants pour atteindre les promoteurs. Ce sont, le Fonds d’Appui aux Initiatives des Jeunes (FAIJ), le Fonds d’Appui au Secteur informel (FASI), le Fonds d’Appui à la Promotion de l’Emploi (FAPE) et le Fonds d’Appui aux Activités rémunératrices des Femmes (FAARF). Ces structures sont chargées de réceptionner les dossiers des promoteurs, qui seront examinés en session ordinaire du programme. Les dossiers retenus pourront être financés avec un taux d’intérêt attractif. Selon le coordonnateur du programme, Soumaïla Bitibaly, « pour les prêts allant de 100 000 à 1 million FCFA, les femmes de 18 à 60 ans ainsi que les jeunes de 18 à 50 ans rembourseront leur emprunt avec un taux d’intérêt de 1 %, tandis que les personnes vivant avec un handicap le feront avec un taux d’intérêt de 0 %. Les étudiants avec le niveau BAC+2, peuvent bénéficier d’un prêt allant de 1 million à 1 million 500 avec un taux d’intérêt de 2 % ». La durée des différents prêts est de trois ans, avec des différés accordés en fonction de la nature de l’activité de chaque promoteur.
20 000 promoteurs formés en deux ans
En ce qui concerne le financement indirect, il s’agit d’un partenariat avec la Société financière de garantie interbancaire du Burkina (SOFIGIB). Le programme place à la SOFIGIB, un fonds de garantie, pour partager avec les banques et les établissements financiers, une partie des risques qu’il encourt à court, moyen et long termes pour accompagner les promoteurs. « De nombreux jeunes ont, en effet, des projets dont le coût va au-delà des sommes sus-énoncées. Cela peut même aller jusqu’à 10 millions FCFA. Nous les orientons vers la SOFIGIB qui analyse les différents dossiers avant tout accompagnement. La SOFIGIB peut garantir en fonction du risque. Elle accorde un taux de garantie d’au plus 70 % », précise le coordonnateur du programme.
En deux ans de mise en œuvre, le bilan du Programme d’autonomisation économique des jeunes et des femmes est satisfaisant avec 20 000 promoteurs formés, et leurs micro-projets financés à hauteur de 10 milliards FCFA, des créations d’emplois, et surtout, l’autonomisation de plusieurs milliers de femmes et jeunes assurés. Et, comme Francis Zoungrana, de nombreux jeunes et femmes souhaitent la reconduction du programme.
Le coordonnateur, lui, reste confiant au regard du nombre de dossiers examinés à chaque session, avec un accent particulier sur le renforcement des capacités d’intervention des fonds de financement et l’allègement des conditions d’accès.