Le Projet d’acquisition de bus au profit des universités et grandes écoles de formation au Burkina Faso (PAB-UGEF), d’un coût de plus de 10 milliards FCFA, a permis l’acquisition de 135 bus, dont 60 bus de 70 places destinés au transport urbain des étudiants et 68 cars de 35 places et de 22 places pour les sorties d’études des étudiants. Le projet a concerné également la construction de garages et de parkings dans les villes de Ouagadougou, de Bobo-Dioulasso et de Koudougou et la formation de mécaniciens pour l’entretien et la maintenance des bus.

Les bus ont été répartis entre la SOTRACO, les instituts publics d’enseignement supérieur et de recherche, les grandes écoles publiques de formation, mais aussi certains instituts privés, figurant parmi les bien classés, dont les trois premières universités privées (l’Université Saint Thomas D’Aquin, l’Université Ouaga 3S et l’Université Aube Nouvelle), les neufs instituts de très bonne qualité (Ecole supérieure de microfinance (ESM), Institut supérieur de technologie (IST), l’École supérieure polytechnique de Kaya (ESPK), l’Ecole supérieure de commerce et d’informatique de gestion (ESCO-IGES), l’Institut supérieur de santé humaine, l’Institut privé Online Center (IPOTC), l’Institut international de management de Ouagadougou (IIM) et l’Institut supérieur de gestion de Ouahigouya (ISGO) et les trois premiers instituts de bonne qualité dont l’École supérieure des travaux publics de Ouagadougou (ESTPO), l’École supérieure de Commerce (ESC) et l’Institut supérieur de génie électrique du Burkina Faso (ISGE-BF).

Un projet qui sauve la SOTRACO de la faillite

La SOTRACO, en plus d’être bénéficiaire, a été choisie par le gouvernement pour la concession du service transport, au regard de son expérience de plusieurs décennies en matière de transport urbain. Selon le Directeur général de la SOTRACO, Pascal Tenkodogo, ce projet du gouvernement a permis à la société de renforcer son parc qui passe de 20 bus à 140 bus exploitables. Grâce à ce soutien, « on a lancé nos activités à Bobo-Dioulasso, le 29 juin 2018 et à Koudougou le 20 septembre 2018 », soutient M. Tenkodogo.

A cet effet, les étudiants et les populations de Sabou (25 km), Réo (15 km), Ramongo (10 km), Tenado (25 km) et des quartiers périphériques de la commune de Koudougou peuvent rejoindre en temps voulu, l’université Norbert-ZONGO et les autres services basés au chef-lieu de la région par le bus. « Avec l’ouverture du lycée technique de Koudougou, nous allons, en collaboration avec le ministère en charge de l’éducation, ouvrir une ligne pour faciliter l’accès aux élèves », indique le Directeur général de la SOTRACO.

De même, les étudiants et les populations de Loumbila, Ziniaré, Saaba, et Koubri peuvent rejoindre Ouagadougou en bus. Avec ces bus, la liaison entre les artères de la ville de Ouagadougou et le site de l’université de Ouaga 2 sera également une réalité.

Ce geste de l’État a permis à la société de se développer dans la deuxième ville du pays, au profit des étudiants et de la population. « A Bobo-Dioulasso, nous avons 12 lignes au total dont 2 lignes spéciales qui permettent de transporter les étudiants jusqu’à Nasso et une ligne intercommunale pour relier la commune de Bama », selon monsieur Tenkodogo. « Dans le temps pour venir à Nasso, le transport des étudiants se faisait par les sociétés privées de transport qu’on louait, mais il faut reconnaître que c’était insuffisant », souligne le président de l’université Nazi-Boni, Pr Macaire Ouédraogo, qui se réjouit de l’arrivée de ces bus « qui facilitent la mobilité des étudiants ».

Comme résultat, « les cours débutent maintenant à l’heure puisque les étudiants qui venaient souvent en retard arrivent beaucoup plus tôt », précise Pr Ouédraogo. Pour le Directeur de l’Unité de formation en sciences humaines et en lettres et arts modernes (UFR-SH/ LAM) de l’université Nazi-Boni, Clément Koama, le projet a permis d’élargir les plages horaires de leurs programmations. Et « à la fin des cours, quand on voit les étudiants rejoindre les arrêts de bus, on sent vraiment le changement », soutientil. L’amélioration de la qualité de l’enseignement passe également par l’amélioration des œuvres sociales dont le transport. « L’impact du projet, pour ma part, est largement positif et tout ce qui est mouvement d’humeur en rapport avec la mobilité, on n’entend plus parler depuis deux ans. Cela est dû à l’amélioration nette et franche de cette mobilité », ajoute le président de l’université Nazi-Boni. Selon le maire de la commune de Bobo-Dioulasso, Bourahima Sanou, l’arrivée du bus dans la ville de Sya a permis de combler un manque et de proposer une autre offre de transport en commun, résolvant ainsi, un tant soit peu, la question de la mobilité.