La mise en place de l’UV-BF découle du programme du chef de l’État décliné dans le PNDES, le développement du capital humain, où il s’est engagé à mettre en œuvre un système d’enseignement supérieur qui va générer des cadres compétents porteurs d’innovation.
Depuis deux décennies, l’enseignement supérieur de notre pays a été confronté à des difficultés structurelles marquées par l’insuffisance des infrastructures, le manque d’enseignants, un ratio étudiants/enseignants hors norme, les effectifs pléthoriques et croissants. Cette situation engendre aussi des crises au sein des universités et joue négativement sur la qualité de l’enseignement pour satisfaire les nouveaux besoins en termes de compétences. C’est pour résorber ces difficultés et répondre aux exigences du moment que le président du Faso a pris l’initiative de la création de l’Université virtuelle avec pour ambition de fédérer toutes les universités du Burkina Faso, publiques comme privées, autour d’une plate-forme technologique sécurisée qui va servir de miroir de dépôt du savoir. L’Université virtuelle selon son président, le Pr Jean-Marie Dipama, c’est simplement l’intégration des TIC dans la diffusion, le partage et l’acquisition du savoir, à travers les canaux numériques.
Une plateforme pour acquérir des diplômes aux normes du CAMES
« L’une des opportunités pour résorber les facteurs de la crise structurelle que vivent les universités publiques depuis deux décennies, c’est d’offrir la possibilité aux étudiants qui en ont envie, d’entreprendre des études supérieures », rappelle M. Dipama. Aussi, les apprenants n’auront pas exclusivement la contrainte du présentiel, ni celle de la capacité d’accueil.
En plus des étudiants que l’UV, dont le siège est en construction à Ouagadougou, va recruter pour elle-même, tout bachelier ou étudiant peut accéder à la plateforme, se former et acquérir ses diplômes répondant aux normes de l’institution CAMES. Les étudiants des universités connectées à la plateforme y ont d’office accès. Les étudiants sont suivis par des enseignants et des tuteurs. « La finalité de l’Université virtuelle c’est pouvoir offrir la possibilité à tout le monde d’accéder au savoir. Au final, l’Université virtuelle est destinée à améliorer l’accès et la qualité de l’enseignement supérieur, et de faire en sorte que l’on puisse faire de l’apprentissage tout au long de la vie », soutient son président.
L’UV-BF porte trois missions essentielles. Une mission pédagogique qui est de développer des offres de formation qui répondent aux besoins de l’économie actuellement. En se basant sur les secteurs prioritaires, l’UV offre trois programmes de formation sur les sciences fondamentales, les sciences du numérique, et les sciences transversales. La mission technologique lui permet, selon Pr Dipama, de « mettre en place une plate-forme technologique qui va héberger l’ensemble des cours délivrés dans toutes les universités du Burkina et aller chercher de la documentation en dehors du Burkina et la déposer sur cette plate-forme et rendre accessible l’ensemble de ces données à toute la communauté scientifique ». L’UV-BF ambitionne aussi mettre en place des laboratoires de recherche, de tests électroniques et de certification numérique, faire de la recherche dans le domaine de l’intelligence artificielle, la télémédecine dans le cadre de la 3e mission Innovation/recherche.
Des espaces numériques ouverts dans toutes les régions
Le siège en construction à Ouagadougou ouvrira une nouvelle ère dans le système d’enseignement supérieur au Burkina Faso. A terme, en plus du siège, l’UV comprendra 16 espaces numériques ouverts (trois à Ouagadougou, deux à Bobo-Dioulasso, un dans chaque chef-lieu de région) qui lui servent de relais. « L’université virtuelle est là pour engager une nouvelle dynamique dans l’acquisition du savoir et l’ambition est d’en faire le moteur de la reconfiguration du système éducatif national », précise, le professeur Dipama. En attendant, la plateforme technologique existe (Edu.gov.bf), avec les outils d’apprentissage et de recherche. Elle a été développée sur l’infrastructure G-Cloud. « Nous partons de nos propres potentiels que nous allons développer (...). C’est pour ça que nous avons fait le choix de développer notre plateforme sur le G-Cloud (...) avec le concours de l’expertise nationale », déclare Jean-Marie Dipama. L’UV-BF est en partenariat avec les UV du Luxembourg et du Tchad et envisage la possibilité de développement d’une offre de formation conjointe sur la cybersécurité dans l’espace du G5 Sahel. Elle fait partie du Consortium africain pour le développement de l’enseignement virtuel (CODEV) mis en place en novembre 2018.