Dagouma est un village situé dans la commune rurale de Toécé. Dans les champs, les tiges de mil sont courbées sous le poids des épis. Au loin, une sorte de toile d’araignée de couleur noir surplombe les champs. Cette toile, ce sont les branchements électriques dans ce village. Au marché, Idrissa Tapsoba, tenancier de buvette, écoute le bruit de son vieux frigidaire. Ici également, il y a une antenne parabolique. « Les jeunes viennent suivre les matchs ici. Hier, c’était plein parce que le Barça jouait », explique le jeune Tapsoba, qui s’empresse de servir une tasse de café à un client. Pour lui, l’électrification a transformé son commerce. « Maintenant la bière est bien fraîche. En tous cas, nous sommes contents », dit-il dans un rire joyeux. Comme Dagouma, des villages dans les communes de Tanghin-Dassouri, de Nobéré, de Pô, de Bassemyam, de Kombissiri et de Ouagadougou, gouttent aux délices de l’interconnexion.
Les lampadaires éclairent le village
Dagouma a connu une transformation. Il y a trois moulins électriques, plus de quatre vidéo clubs, des ateliers de soudure métallique et la nuit, les lampadaires éclairent le village, décrit le président du Conseil villageois de Développement
(CVD), Souleymane Tondé. « Vraiment le courant a facilité la vie des gens dans ce village. Nos femmes ne font plus de longues distances pour aller moudre le mil. Nos enfants peuvent apprendre leurs leçons la nuit », soutient-il. Selon Souleymane Tondé, les femmes étaient obligées d’aller à Toécé, à une dizaine de kilomètres, pour moudre le mil.
Dans la commune rurale de Toécé, ce sont 7 villages (Binsboumbou, Sincéné, Dagouma, Koulpelé, Kossala, Nayalgué, Tinsobtenga) qui ont été électrifiés, selon le premier adjoint au maire, Mathias Tiendrebéogo. Pour lui, il y a eu un développement des activités économiques, réduisant du coup l’exode rural. « Avant, les jeunes partaient vers la ville. Mais avec le courant, chacun arrive à développer des initiatives. Nous disons merci au président du Faso. Nous voyons un grand changement depuis qu’il est venu au pouvoir », déclare-t-il.
Des activités économiques se sont développées
L’impact de l’électricité dans le développement des villages de la commune de Kombissiri est également palpable, selon le premier adjoint au maire de cette commune urbaine, Frédéric R. Kafando. « Dans notre commune ce sont les villages de Sabrago, Yargo, Ouidi, Monemtenga, Konioudou, qui ont été électrifiés. Nous remercions le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Il nous avait fait la promesse et cela est devenu une réalité. Nous en sommes très fiers », dit-il.
M. Kafando relève que dans ces villages, les habitants construisent désormais en matériaux définitifs, des activités économiques se sont également développées. « Tout ce que les gens venaient chercher en ville, ils les trouvent maintenant sur place parce qu’il y a des boutiques », précise-il. Là également, le maire a évoqué la réduction de l’exode des jeunes vers les villes, car ils peuvent entreprendre sur place.
De l’eau fraîche au village
A Monemtenga, un des villages électrifiés dans la commune de Kombissiri, plus de 100 ménages sont branchés au réseau électrique. Rasmané Ouédraogo et sa femme Awa Tiendrebéogo ont ouvert un commerce. Ils gèrent un kiosque et viennent d’acquérir un frigo neuf pour la vente de jus, de glace et d’eau fraîche. « Avant, nous ne rêvions pas de faire cet investissement. Pour avoir des plaques solaires pour faire cette activité, il faut des moyens. Maintenant avec le courant, nous arrivons à nous réaliser. J’arrive à payer les factures et à m’occuper de ma famille, grâce à mes bénéfices », se réjouit-il. Ancien secrétaire du Conseil villageois de Développement, Rasmané Ouédraogo, est celui qui a conduit la société chargée du projet dans le village. Aujourd’hui, il est content du développement économique que cela a entraîné dans le village. « Il y a au moins 7 kiosques dans le village. Tous les tenanciers gagnent quelque chose. Nous félicitons le président du Faso pour cette œuvre. Il nous a beaucoup aidés et je crois que la pauvreté va connaître un recul », indique-t-il.
Des emplois sont créés
Pour sa femme, Awa Tiendrebéogo, l’électrification a enlevé une épine de leur pied. « Avant, les femmes étaient obligées d’aller à Kombissiri, pour moudre le mil. Si tu n’as pas de vélo ou une moto, c’est vraiment difficile. Maintenant avec le courant, nous avons un moulin électrique. Nous sommes vraiment soulagées et nous avons maintenant du temps pour faire d’autres activités », explique-t-elle. Le président du CVD de Monemtenga, Habidini Ouédraogo, lui ne tarit pas d’éloges à l’endroit du gouvernement pour avoir choisi d’électrifier son village. Grâce au courant, dit-il, « des emplois se sont créés, il y a un éclairage public où les élèves viennent apprendre leurs leçons et les conditions de vie des populations se sont améliorées ». Au regard du bienfait de l’électricité, la demande est en augmentation et Habidini Ouédraogo souhaite de nouveaux branchements.
Un taux d’électrification nationale en hausse
Le taux national de couverture électrique est passé de 33,32 % en 2015 à 38,68 % en 2019. En effet, la puissance installée a connu une augmentation, passant de 300 à 410 MW entre 2015 et 2019, avec la mise en service de plusieurs centrales thermiques et solaires, et de l’interconnexion Ouagadougou-Bolgatanga. En conséquence, la fréquence des délestages a beaucoup baissé comparativement aux années antérieures. De nombreux projets sont en cours ou en étude. Entre autres, le lancement des travaux de la ligne 330 kV de l’interconnexion entre le Nigéria, le Niger, le Burkina Faso et le Bénin (dorsale Nord) afin d’importer 150 MW à l’horizon 2022 depuis le Nigéria, la poursuite de la mise en œuvre du projet Backup solaire, la poursuite des réformes dans le secteur pour la concrétisation du second Compact Millenium Challenge Corporation sur l’énergie.