Doté d’un budget global de plus de 396 milliards FCFA, le PADEL s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan national de Développement économique et social (PNDES) dont l’objectif est « la transformation structurelle de l’économie burkinabè, pour une croissance forte, durable, résiliente, inclusive, créatrice d’emplois décents pour tous et induisant l’amélioration du bien-être social ». A cet effet, « le PADEL intervient dans le développement des filières porteuses et la transformation des unités de transformation informelles. Il intervient également dans le développement des infrastructures socioéconomiques, de l’énergie, de l’inclusion financière et dans le domaine de la protection sociale », explique le Directeur régional de l’économie et la planification (DREP) du Sahel, Yaya Traoré.

La mise en œuvre de ce programme a concerné au départ les 4 provinces de la région du Sahel, faisant suite à la définition des infrastructures prioritaires par chaque commune. L’engagement des collectivités territoriales, leurs choix avisés, ont été le moteur de l’action dans le Sahel. « Nous avons très bien accueilli le PADEL qui est venu avec des activités très concrètes qui sont en train de révolutionner notre commune et notre région », se réjouit le 2e adjoint au maire de Dori, Boubacar Cissé.

Des infrastructures pour booster le développement des collectivités

Selon la Direction régionale de l’économie et de la planification du Sahel, ce sont 300 infrastructures comprenant des gares routières, des boutiques marchandes, des hangars, des mini-laiteries, des marchés de bétail, des Centres de Santé et de Promotion sociale (CSPS), des sites maraîchers qui ont été réalisés dans les 26 communes de la région, à l’effet de développer ces collectivités.

Pour le 2e adjoint au maire de Dori, Boubacar Cissé, la nouvelle gare routière de Dori, d’un coût de plus 590 millions FCFA, réalisée dans le cadre du programme et inaugurée le 20 février 2020 par le président du Faso, va propulser le développement économique de la région et lutter contre la pauvreté. La gare sera un concentré d’activités, qui généreront des bénéfices pour la population, notamment les gérants de parkings, les transporteurs, les restaurateurs, etc. Cette infrastructure qui fait déjà « la fierté » de la ville va également contribuer au développement du transport urbain, la gare étant située hors de la ville, sur la route de Kaya. La commune rurale de Seytenga, située à une dizaine de kilomètres de la frontière avec le Niger, a également bénéficié d’une gare routière, d’un hall central de marché de type II, de boutiques de rue et d’un forage dans le cadre du PADEL. Selon le maire de cette commune, Hamadou Tamboura, ces réalisations participent à l’augmentation des recettes communales avec les différentes taxes. Elles freinent l’exode des jeunes à travers la création d’emplois et offrent de meilleures conditions de travail aux femmes commerçantes. « Tout ça développe vite une commune », souligne M. Tamboura. Et « c’est tellement important dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité, que nous ne pouvons que remercier le gouvernement pour avoir imaginé ce programme », soutient le 2e adjoint au maire de Dori, Boubacar Cissé.

Des revenus pour les populations à la base

Outre la réalisation de ces infrastructures, le PADEL a assuré le renforcement des capacités entrepreneuriales de 797 promoteurs et le financement de 697 micro-entreprises, en faveur des femmes et des jeunes de la région. Dans ce sens, « 20 000 personnes vulnérables ont été identifiées et ont bénéficié chacune de cash transfert d’une valeur de 30 000 FCFA par mois pendant trois mois », souligne le DREP, Yaya Traoré. Handicapé moteur de son état, Damiba Tibandiba confectionne des lits, des chaises et des tables dans la ville de Dori. « J’ai appris que le PADEL finançait les gens pour leurs activités économiques. C’est ainsi que j’ai postulé et eu un financement de 300 000 FCFA. Avec cet argent, j’ai pu acheter plus de matériel pour accroître mon activité et le rendement du travail », confie l’artisan. Grâce au PADEL, la coopérative simplifiée Dewral Liptako qui évolue dans la transformation du lait, a bénéficié aussi d’un accompagnement qui a boosté son activité. « Nous souhaitons que le président continue son action en faveur du développement. Il nous a beaucoup aidés et nous lui souhaitons une bonne santé », déclare la présidente de la coopérative, Mme Diallo Madina. Une autre coopérative, Djem Weli, qui regroupe une trentaine de femmes fait également partie des bénéficiaires du financement du PADEL. Cette coopérative qui fait du warrantage a bénéficié d’un prêt d’un million FCFA.

« Nous voulons simplement dire merci parce qu’avec ce soutien du PADEL, nous avons augmenté notre chiffre d’affaires, et engrangé des bénéfices qui ont profité aux membres de notre coopérative », indique la présidente de la coopérative, Mme Maïga Roukiétou. « L’accompagnement du PADEL m’a aidé. J’ai pu assurer l’approvisionnement de ma boutique et j’ai même pu développer d’autres activités qui me rapportent », témoigne Hamidou Maïga, gérant d’une boutique de quartier à Dori.

Pour le 1er vice-président du Conseil régional du Sahel, Issa Tindano, les réalisations du PADEL sont partout visibles dans la région et leurs impacts sur les bénéficiaires ne sont pas discutables. Au regard du succès du programme dans la région pilote du Sahel, le PADEL qui doit couvrir l’ensemble des treize régions du pays, s’est déjà étendu à cinq autres régions : l’Est, le Centre-Est, le Nord, la Boucle du Mouhoun et le Centre-Sud.