Au centre médical de Bomborokuy, dans la région de la Boucle du Mouhoun, madame Traoré vient de mettre au monde une petite fille pour son 3e geste. Pendant sa grossesse, madame Traoré a pu, en plus des consultations prénatales, faire ses différents examens au CM, jadis CSPS. En 2015 en effet, le CSPS a été transformé en CM par la volonté politique du gouvernement, en vue d’améliorer l’offre de santé des populations de Bomborokuy. « Cela permet la prise en charge des malades au niveau des centres déconcentrés, avec la présence du médecin et du laboratoire au sein du centre médical. Les patients n’ont plus besoin d’aller jusqu’à Nouna pour les consultations médicales ou encore les examens », précise le responsable du centre médical de Bomborokuy, le médecin-chef Serge Ahoussoué. Cette initiative a permis aux populations de la localité de se sentir plus proches du centre. « En plus du paquet minimal d’activités du CSPS, nous avons également la présence de la consultation en médecine interne, nous avons le laboratoire. Nous pouvons donc poser ici même, un diagnostic encore plus pointu », poursuit le responsable du CM. Cela a entraîné une fréquentation plus accrue du centre médical par la population, dont la pathologie la plus rencontrée chez les personnes âgées, est l’hypertension artérielle.
Dans le chef-lieu de la région de la Boucle du Mouhoun, Dédougou, le nouveau CHR en construction a débuté sa mutation en CHUR. Le projet s’étend sur une superficie de 25 hectares, subdivisée en trois tranches. Une première tranche comportant la maternité, la deuxième les hospitalisations maternité et pédiatrie, le service néo-natal, la pédiatrie et ses urgences ainsi que le service de vaccination et la pharmacie. La dernière tranche est composée du bloc opératoire, de l’imagerie médicale, des urgences médicales, du service ophtalmologique, de la médecine interne et de la maison mortuaire. Le centre hospitalier universitaire régional de Dédougou a une capacité d’hospitalisation de 170 à 200 lits extensibles.
A Ziniaré, le centre hospitalier régional est fonctionnel depuis le 5 décembre 2019. D’une capacité de 300 lits avec possibilité d’extension, le CHR est bâti sur une superficie de 25 ha et l’infrastructure offre les services d’un hôpital de son rang. Les 949 000 habitants de la région du Plateau central pourront désormais bénéficier de prestations diverses, notamment les urgences chirurgicales et médicales, la gynéco-obstétrique, la pédiatrie, l’ophtalmologie, l’ORL, l’odontostomatologie et la médecine générale. Le centre dispose également de deux ambulances et d’un mini bus pour accompagner les populations dans leur quête de santé.
Le gouverneur de la région du Plateau central, Fatoumata Benon/Yatassaye salue le rapprochement des services sanitaires de haut niveau des populations. Elle souhaite, du fait de la proximité avec le futur aéroport de Donsin, que le nouveau CHR soit doté d’un service de grands brûlés et d’un héliport, pour parer à toute éventualité. Une éventualité déjà envisagée par les premiers responsables de la santé. « Des études pour la phase complémentaire du projet de CHR visant la construction des services spécialisés ont été faites et le financement de cette phase est en cours de mobilisation auprès de nos partenaires qui se sont engagés à ce qu’elle soit bientôt une réalité », souligne le ministre de la Santé, Claudine Lougué.
La santé est un secteur prioritaire sur lequel le gouvernement doit avoir des actions prioritaires. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a renouvelé à l’occasion de l’inauguration du CHR de Ziniaré, son engagement à travailler à l’amélioration de l’offre de santé au profit de tous les burkinabè. « Nous devons nous battre quotidiennement pour que les populations aient des soins de qualité et essayer de rapprocher autant que possible, les centres de santé des populations. Le joyau est un bel ouvrage aussi bien dans sa conception architecturale que dans les équipements qui sont en train d’être installés », avait-il rappelé.
La construction de centres de santé et la transformation évolutive des centres existants, constituent une priorité pour les autorités dans la quête du bien-être sanitaire des populations. Cette politique vise particulièrement à réduire dans un proche horizon le taux de mortalité maternelle de 330 pour 100 000 naissances vivantes en 2015 à 242, le taux de mortalité infanto-juvénile de 81,6 décès pour 1 000 enfants de moins de 5 ans à 54,7 décès, le taux de létalité du paludisme grave chez les enfants de moins de 5 ans de 1,4 % à moins de 1 %, le taux de mortalité intra-hospitalière de 63,1 pour 1 000 en 2015 à moins de 50, le taux de prévalence du VIH de 0,90 % en 2015 à 0,77 %.
Quelques chiffres
Au cours de la période 2016-2019, ce sont 149 CSPS qui ont été construits, 18 en cours de construction et 192 normalisés. 32 CSPS ont été transformés en CMA. Un CHR (Ouahigouya) a été transformé en CHU. Un CHR a été construit à Ziniaré et deux en cours de construction à Dédougou et Manga. Par ailleurs, on note la construction achevée du Centre de renforcement des capacités en médecine physique et réadaptation, et du Centre de Médecine traditionnelle et de soins intégrés de Ouagadougou, le bouclage du financement du projet de construction et d’équipement du CHU de Bobo-Dioulasso. Pour plus d’efficacité et de résultats, ces réalisations sont accompagnées par le recrutement, la formation et la spécialisation d’agents de santé. Le personnel de santé recruté sur la même période s’élève à plus de 25 000 agents répartis comme suit : 17 668 agents de santé à base communautaire, 1 479 médecins (y compris les spécialistes), 198 pharmaciens et 5 880 agents paramédicaux (infirmiers brevetés, sages-femmes, maïeuticiens etc.). Selon le dernier recensement des agents de santé effectué en septembre 2019, le ministère de la Santé compte environ 27 185 agents, soit 13 049 femmes et 14 136 hommes, qui œuvrent jour et nuit à offrir la santé aux populations.