Ouverts à la rentrée scolaire 2017-2018, les Lycées scientifiques nationaux (LSN) constituent le tremplin de l’excellence scientifique. Ce sont les meilleurs élèves au BEPC qui y sont recrutés. « Pour la première promotion, le premier avait 18,75 sur 20 de moyenne et le 30e 17,36 de moyenne. A la deuxième promotion, le premier avait 18,80 de moyenne. Cette année (NDLR : 2019-2020) le dernier sur la liste d’attente, a 17,06 et le premier a 18,94 de moyenne », indique le proviseur du LSN de Bobo-Dioulasso, Mamadou Diakité. Tous des boursiers et à l’internat, les élèves admis dans ces établissements sont dotés en fournitures scolaires, et les parents n’ont pas à payer des frais de scolarité. Outre les disciplines scientifiques, les élèves bénéficient de cours d’informatique, de théâtre, de musique, un cours sur l’histoire des sciences. Le sport également occupe une place de choix. Pour la rentrée scolaire 2019-2020, l’initiation à la robotique a été introduite. Une autre innovation, c’est la programmation des drones.

La série « C » était un mythe

Les parents d’élèves sont admiratifs devant cette vision audacieuse du président du Faso. A Ouagadougou, une coordination informelle regroupant une vingtaine de parents d’élèves inscrits au LSN de Bobo-Dioulasso a vu le jour. Pour Grégoire Zongo, porte-parole de la coordination, les LSN lui rappellent l’internat, l’École normale (actuelle lycée Bogodogo) qui a formé des élites. « Nous avons beaucoup applaudi la création de lycées scientifiques. La série « C » était devenue un mythe à tel point que beaucoup d’élèves n’en voulaient pas », dit-il.

Pour les responsables des deux lycées nationaux de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, l’action du président du Faso est également saluée. « Pendant longtemps, on a parlé des lycées scientifiques. Il a fallu que ce président arrive, pour que ces lycées voient le jour, quand on sait l’importance de ces lycées dans la promotion des sciences », se réjouit, le proviseur du LSN de Bobo-Dioulasso, Mamadou Diakité. Et son collègue de Ouagadougou, Jean-Paul Boumboudi témoigne : « Je suis le mieux placé pour savoir que les séries scientifiques avaient des difficultés. J’ai fait 12 ans au lycée Bogodogo, mais je n’ai jamais eu en terminale « C » plus de 14 élèves. Les lycées scientifiques viennent dédramatiser cette situation et briser le mythe qui entoure la série « C » ». Pour lui, ce cadre spécial pour valoriser la série « C » est la bienvenue. « Il faut féliciter les autorités. Sans la science, le développement est difficile, parce qu’il faut des ingénieurs, des concepteurs », dit-il.

Un engouement retentissant pour le recrutement

Pour la rentrée scolaire 2019/2020, les deux lycées nationaux avaient un effectif de 132 élèves chacun. Au début, chaque lycée a recruté 30 élèves. Mais au regard de l’engouement des parents, ils ont dû accroître considérablement les contingents pour la rentrée scolaires 2019-2020 en seconde. Ainsi à Bobo-Dioulasso comme à Ouagadougou, ce sont 70 élèves que chaque LSN a recruté pour cette rentrée. « A l’ouverture, les parents avaient des appréhensions. L’année qui a suivi, au regard des résultats engrangés, il y a eu plus d’engouement. Il y a une grande compétition dans les écoles et les moyennes de recrutement ont relativement augmenté », explique Mamadou Diakité. « Il y a un engouement. Les échos sont bons. Les premiers qui nous narguaient en disant que ça n’allait pas aller loin, ce sont les mêmes qui encouragent les parents », raconte le proviseur du LSN de Ouagadougou.

Pour Grégoire Zongo, les lycées scientifiques permettent aux meilleurs élèves de se mesurer entre eux. Une saine émulation qui, au lieu de réconforter les meilleurs dans leur position, les pousse à l’excellence. Déjà, des témoignages reçus, dit-il, les parents sont satisfaits de la formation des enfants. « Les résultats de mon enfant sont très satisfaisants. Que ce soit par les visites au lycée ou les bulletins qu’on nous ramène, nous avons eu l’occasion de faire les comparaisons avec les élèves qui sont restés dans leur établissement », déclare M. Zongo.

Les premières promotions des lycées scientifiques de Bobo-Dioulasso et de Ouagadougou se sont soumis à l’examen du baccalauréat au mois d’août de cette année. Sans surprise, les résultats ont été à la hauteur des attentes : 100 % d’admis.