Des rendements au-delà de l’ordinaire, c’est le constat qu’on a pu faire en visitant les champs de coton à maturité à la campagne 2019-2020, résultat des mesures de relance de la filière. Ces mesures ont été annoncées par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré soucieux de répondre efficacement aux préoccupations des acteurs de la filière. Les producteurs félicitent le chef de l’État pour cet engagement et assurent de l’impact positif certain de cette vision du gouvernement en faveur du secteur du coton.
Ces mesures ont changé la vision du producteur et permis de relancer la production. « C’est grâce à ces mesures que beaucoup ont eu le courage de reproduire cette année. Sinon, ceux qui plient sous le poids des impayés des deux campagnes passées allaient abandonner », précise le président de l’Union provinciale des producteurs de coton (UPPC) du Gourma, Bouama Pallo, producteur de Fada N’Gourma. Et selon Bakary Traoré, président de l’UPPC du Houet et producteur de Karangasso Sambla, n’eût été cet accompagnement, la campagne 2019-2020 aurait été hypothéquée.
Les mesures ont rassuré les producteurs
Daouda Ouédraogo, inspecteur de gestion à l’UPPC-Gourma soutient qu’« il y a des sociétés coopératives qui sont ‘’tombées » à cause des impayés élevés et qui ne devraient même plus produire; mais avec ces mesures, on a pu récupérer certaines, d’où l’augmentation de la production ». Bien sûr, « le soutien a permis aux gens de revenir à la production (...). La mesure d’apurement des impayés a contribué à lever les inquiétudes dans les familles des producteurs, taire les différends entre les producteurs, rétablir la confiance et la cohésion au sein des coopératives sur le terrain », confirme Bambou Bihoun, Président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB). Pour ce producteur de Béréba, le contrôle des intrants a rassuré les producteurs.
Le retour à la production est bien constaté dans la région cotonnière de N’Dorola (province du Kénédougou), où les producteurs avaient boycotté la production les deux précédentes campagnes pour des difficultés liées justement aux impayés occasionnés, d’une part, par le facteur intrants (qualité et coût) et, d’autre part, par les aléas climatiques.
… mesures : « Il y a des producteurs qui ont fait des emblavages au-delà des deux dernières campagnes (...) et les indicateurs montrent que les rendements se sont améliorés ». En plus du suivi individuel des producteurs, la société a adopté des innovations parmi lesquelles l’implantation de bassins pour l’irrigation d’appoint, la mise en place de l’assurance agricole pour les indemnisations, dans la logique de soutien à la filière.
Ainsi, la production du coton graine au Burkina est passée de 435 323 tonnes à la campagne 2018-2019 à 458 726 tonnes la campagne 2019-2020. Pour la même période, le rendement à l’hectare a évolué de 18 % passant de 673 tonnes à 793 tonnes.
Les résultats sont encourageants, mais les producteurs de coton du Burkina, dans leur ensemble, souhaitent, au-delà de la relance de la filière, le renforcement et le suivi des mesures, l’apurement rapide des impayés internes des Groupements de producteurs de coton (GPC), la mécanisation de la culture du coton, l’accompagnement des organisations (formation aux bonnes pratiques, à la gestion, au leadership). Ils suggèrent une commande groupée des intrants, la mise en place d’un fonds de lissage-producteurs en plus de la caution solidaire et d’un compte d’exploitation sur la fixation du prix du coton.
Dans la logique de la consolidation de la confiance avec les producteurs, M. Bamogo, chef de région cotonnière du Gourma (SOCOMA) suggère une gestion éthique et diligente de l’apurement des impayés et que cette gestion soit confiée aux sociétés cotonnières. Un apurement à temps permet d’aplanir les différends au sein des groupements de producteurs, d’une part, et, d’autre part, entre ceux-ci et leurs unions.
Des rendements au-delà des attentes
Tout comme l’inspecteur provincial de gestion Olivier Sanou (Kénédougou), l’UNPCB a attesté de la qualité des intrants de la campagne, qui a conduit à des rendements meilleurs. « Grâce à ces mesures, nous avons des rendements de 800 kg à 1 tonne à l’hectare, contre 500 à 600 kg à l’hectare les campagnes antérieures », souligne Bakary Traoré. Basile Sanou, producteur à Yéguérésso-Biena (Houet), lui, compte récolter jusqu’à 4 tonnes de coton sur ses 3 hectares exploités, soit plus de 1 300 kg par hectare. Selon son voisin Zezouma Sanou, certains entendent augmenter leurs superficies pour la campagne 2020-2021. « Au regard de la production et des rendements cette année, certains regrettent d’avoir limité leurs superficies ou refusé de produire », appuie Adama Traoré, producteur et maire de Kourouma (Kénédougou). Les producteurs de la province du Kénédougou ont particulièrement remercié le président du Faso et salué les mesures du gouvernement qui ont permis de résoudre la crise dans leur région cotonnière. Moussa Diallo, président de l’UPPC-Kénédougou rassure : « si vous voyez les besoins que nous avons exprimés en intrants pour l’année prochaine (2020-2021), cela montre que nous sommes engagés et prêts à produire plus les années à venir, grâce à ces mesures ».
Une hausse des rendements de 18 %
Le Directeur général de la SOFITEX, Wilfried Yaméogo relève surtout l’adhésion des producteurs aux
SECOBIO, pour soutenir la transformation
La réalisation de la Société d’égrenage de coton biologique (SECOBIO) de Koudougou inaugurée, le 30 janvier 2020 par le président du Faso, s’inscrit dans la dynamique de prendre en charge la problématique d’accélération du processus de transformation ainsi que d’améliorer la valeur ajoutée du secteur. D’un coût de près de 4 milliards francs CFA, cette usine a une capacité d’égrenage de 17 500 tonnes de coton graine par campagne. Elle va générer 40 emplois permanents, 100 emplois saisonniers et plus de 500 emplois indirects. Le coton bio burkinabè était égrené à la fin de la saison dans les mêmes usines que le coton conventionnel, et après celui-ci. Ce qui pouvait entraîner des paiements tardifs qui décourageaient un grand nombre de producteurs.